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Acte 2 #67 – Avec Armand, c’est une jolie rencontre. Toute la semaine qui suit notre découverte, nous échangeons des messages insignifiants mais mignons, guidés par la même envie de se revoir. On essaye vainement de se retrouver le jeudi puis le vendredi soir : il me file par deux fois entre les doigts. Je le découvre drama queen… Ce vendredi-là, j’ai une “date” d’approche avec Sacha, une jeune trentenaire très jolie cherchant une femme pour l’initier aux femmes dans le cadre d’un plan à 3 et je dois retrouver Armand ensuite. Mais il m’échappe à nouveau et rentre chez lui, à Fontenay sous bois, prétextant qu’il se sent gros et moche. Quand je propose de le retrouver, il me lance “Tu risques de tomber amoureuse, c’est dangereux” Je lui réponds sobrement : “Drama queen”. Dans la suite de nos échanges, il multipliera les épisodes d’autodévalorisation : “Je suis trop moche”, “J’ai pas trop confiance en moi”,
“Tu pourrais avoir envie de moi à jeun ?”

,“Mon corps n’est pas en ce moment la partie la plus érogène de moi. ou alors chez quelqu’un qui me connaît déjà, pas sur une inconnue”. Je lui rappelle qu’au fond, je reste une inconnue. Mais je le rebaptise rapidement “Armand Drama Queen” dans notre discussion Whatsapp. J’aime pourtant chez Armand le naturel de nos échanges, la sensualité quand on se voit, qu’on soit sur une même longueur d’onde en s’étant finalement peu vus. J’aime surtout son côté extrêmement déluré. Quand il me récite l’alphabet de ses errances (A comme Amandine, Amélie, Armelle, B comme Brigitte, Béatrice, Bénédicte, Barbara, C comme Charlotte, Caroline, Catherine – plusieurs Catherine – etc.), il égrène des morceaux de vie complètement fous, une exploration sans fin, une recherche compulsive d’expériences, de sensations, de nouveautés. Quand nous cherchons à nous revoir, il me propose immédiatement de nous trouver une partenaire pour un plan à 3. Mais j’ai envie de l’apprivoiser d’abord. Nous nous retrouvons finalement le jeudi suivant, un midi, dans une chambre d’hôtel. Il réserve d’abord à l’hôtel Crayon, 25 rue du Bouloi – l’hôtel de la rencontre avec Cosmo. “Tiens, tiens, j’ai des souvenirs dans cet hôtel. Moi aussi, je peux te réciter un alphabet…” Nous nous retrouverons finalement ailleurs, certains souvenirs ont besoin d’être sanctuarisés. Il apporte du prosecco et des sushis. Nous rions sur le lit. C’est à nouveau un très beau moment, trop rapide, trop furtif – et finalement bien plus tendre que ce que laissait envisager nos échanges si crus. Nous étions le 8 mars. Il m’écrit en sortant : “Merci pour cette journée de la femme à l’hôtel…”

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