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Paris 5e – Rue de l’école de médecine

Acte 2 #78 – Depuis que je multiplie mes errances, je m’interroge évidemment sur la pluralité et la liberté. C’est l’attrait irrésistible d’un ailleurs, la lassitude qui finit par consumer chacune de mes relations qui avait présidé à ma première quête sur Gleeden. En prendre conscience me permet de relire ma vie amoureuse tumultueuse à l’aune de cette révélation : j’ai toujours été volage. Quand fin octobre je me sépare enfin du mauvais garçon, je décide d’assumer ma légèreté. Je n’ai aucune envie de me poser, aucune envie de retomber dans le leurre d’un amour unique et je brandis ma non monogamie comme un étendard. Je vis ma liberté avec intensité et je recherche la pluralité. Si mes errances sont de vraies explorations, je continue mon questionnement sur l’amour, le sexe, le couple et le désir. Dans les rencontres, j’aime autant le corps à corps avec chaque partenaire que la découverte de chaque personnage, débusquer progressivement l’histoire que cache chaque amant, comprendre sa recherche, ses propres arrangements. Depuis août que j’erre, partout où je vais, je collectionne les témoignages d’hommes et de femmes sur leurs arrangements avec l’amour et le désir – tout particulièrement de ceux et celles qui composent avec la liberté et la pluralité, qu’elle soit assumée, subie, théorisée, subite, inattendue. Il y a bien sûr mes amants, les premiers que je rencontre sur Gleeden sont infidèles et la question du besoin d’ailleurs est centrale dans nos rencontres. Il y a Cosmo aussi célibataire libertin qui se veut libre de toute attache mais qui raconte très peu. Il y a aussi toutes ces femmes qui m’entourent et que je vois composer avec la vie qu’elles avaient rêvé et celle qu’elles vivent. Aurélia qui a obtenu l’accord de son mari pour prendre un amant. Lorene, expatriée au Moyen-Orient, dont le mari est toujours en mission et qui a évidemment fini par prendre un amant. Karen que je rencontre dans mes recherches saphiques qui erre aussi depuis quelques années sur Gleeden et y revient toujours. Aurore qui navigue entre son mari et ses amants. Audrey qui a ouvert son couple après 8 années de fidélité. Pia, Emma, Anna, Marie, Christelle, évidemment. Une voisine, Solène, qui me raconte ses compulsions. Une amie de ma sœur apprenant les infidélités de son mari après son infarctus et devant faire son deuil avec cette nouvelle. Une collègue, Jocelyne, qui me raconte sa vie et ses amours continues du haut de ses 60 ans. Une autre collègue, Martine, 60 ans encore et toujours une vie amoureuse compliquée. Clothilde et son amie Florence. Tant de tranches de vie. Je collectionne leurs récits avec un plaisir entier, une boulimie d’écriture que je n’arrive pas toujours à concrétiser – ma vie va trop vite pour que je m’attelle régulièrement au clavier. Mais je me demande aussi d’où vient que je découvre toutes ces femmes infidèles si tardivement dans ma vie. J’ai l’impression d’être un aimant à confidences, d’attirer les récits. Je m’en étais ouvert à Cosmo en octobre : “C’est quand même assez dingue le nombre d’infidèles que je croise en ce moment (c’est comme quand tu es enceinte, tu vois des femmes enceintes partout…)”. Car le secret est sans doute là : s’ouvrir soi-même, c’est aussi être mûre pour accueillir les questionnements des autres…

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